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Femmes exilées, mères combattantes :

le parcours de Fadigua

Publié le 10 novembre 2025

PARIS – En danger ou dans la misère, sans perspectives, des femmes sont un jour contraintes à fuir leur pays et à prendre un chemin migratoire long et périlleux pour s’en sortir, pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants.
Après des années d’errance, à leur arrivée, le combat continue pour s’intégrer et se construire une vie plus apaisée avec leur famille.
Fadigua, jeune ivoirienne de 26 ans, a connu ce long parcours difficile. Aujourd’hui, elle vient de terminer 8 semaines de formation en français et en numérique avec Emmaüs Connect, partenaire de Planète Enfants & Développement qui prend en charge les enfants pendant les sessions de formation. Elle nous raconte son chemin et ce que ces 8 semaines ont apporté à sa famille.
Témoignage d'une femme exilée

Je m’appelle Fadigua, j’ai 26 ans et je suis maman d’un petit garçon de 2 ans et demi, Mourane. Je suis arrivée en France le 2 septembre 2021. C’est gravé, je m’en souviens, il faisait un peu froid.

C’était difficile, mais quand je suis arrivée, il y avait une certaine liberté en moi.
Après mon départ de Côte d’Ivoire, j’avais passé 3 ans au Maroc et j’ai traversé beaucoup de calvaires. Et puis je suis arrivée en Espagne. Mais ce n’était pas trop ça car je me disais que ce n’était pas assez loin de tout ce que j’avais quitté.

J’ai finalement obtenu l’asile pour rester en France. Je devais faire mon parcours d’intégration et c’est comme ça que j’ai connu le programme Tryptik. Mais je ne savais pas comment faire garder mon enfant pour aller en formation. L’assistante m’a dit que je pourrais le faire garder comme dans une crèche pendant la formation. J’étais ravie, parce que c’était ce que je voulais, la crèche. Je voulais qu’il se fasse des amis.

Pendant la formation, j’ai appris beaucoup de choses. J’ai passé un test et on a vu que je ne me débrouillais pas si mal pour parler en français. Mais c’était compliqué pour écrire. Je stressais beaucoup. Madame Léa [la formatrice] me disait : quand tu attrapes le stylo, tu n’es pas obligée d’attraper sa faute, tu le laisses aller ! Maintenant je me laisse plus aller. Quand je suis à la maison et que je m’ennuie, je prends un stylo pour écrire.

Comme on n’a pas eu la chance d’aller à l’école, c’est un peu compliqué pour nous tout ça. C’est souvent qu’il faut continuer à apprendre pour ne pas oublier.

Je ne suis pas allée à l’école mais il n’est jamais trop tard, la preuve.

Et je voyais que mon fils était à l’aise ici. Alors ça me motivait encore plus pour la formation.

Mourane s’est fait des amis ici et il a beaucoup joué. Parce qu’à la maison il n’est qu’avec moi. Et ici il a appris beaucoup. Après la formation, souvent Madame Ginette [l’éducatrice de jeunes enfants de l’espace éducatif] me disait : Mourane a dit ça, Mourane a dit ça. C’est important pour moi qu’il parle bien français, dans la vie de tous les jours, c’est obligatoire.

Avec Mourane, je veux tellement que l’éducation soit bien correcte. Mais je pense que je vais y arriver. Je veux qu’il soit bien en sécurité. Moi je n’ai pas eu tout ça. Je veux beaucoup l’encadrer, qu’il puisse grandir dans l’amour. A la naissance, c’était compliqué. Maintenant je veux que tout se passe bien.
Les enfants, on ne décide pas à leur place, mais moi j’aimerais que mon fils devienne une grande star mondiale !

Et moi aussi, j’ai plein de projets. J’ai compris que je peux m’en sortir s’en être allée à l’école, c’est ce que je veux montrer. Si j’avais eu la chance d’aller à l’école, peut-être que je serais devenue policière. Là je ne peux pas attendre pour travailler donc j’ai décidé de faire des cantines scolaires.
Ici, ça nous a beaucoup aidé avec Mourane.

Grâce à ce dispositif, des mères combattantes comme Fadigua peuvent confier leurs enfants à Planète Enfants & Développement le temps d’une formation qui leur permet de recommencer une nouvelle vie.

 

Avec votre don, vous offrirez à une mère la chance de construire son avenir, et à son enfant un espace pour grandir en sécurité.

POUR APPROFONDIR

Porté par Emmaüs Connect, Triptik s’adresse aux personnes primo-arrivantes d’Île-de-France, originaires de pays hors Union européenne. En 150 heures de formation, les participants acquièrent des compétences en français et en numérique, tout en bénéficiant d’un accompagnement individuel vers l’emploi.
Un partenariat avec Planète Enfants & Développement permet aux femmes exilées de suivre la formation grâce à un espace éducatif pour leurs enfants, encadré par Ginette Larive, éducatrice de jeunes enfants
.

VIDEO – Paris – Extrait du témoignage de Fadigua, accompagnée par Wassal, une autre femme bénéficiaire du dispositif.
Un enfant dans l'espace éducatif

Un appel à soutien pour amplifier l’impact

Avec un don de 125€, vous financez par exemple 3 jours d’accueil d’1 enfant dans notre espace éducatif à Paris et permettez à sa mère de suivre sa formation.

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